Charles Baudelaire (1821-1867)

Baudelaire, photographié par Nadar

Biographie

Il naît à Paris en 1821. Sa mère a 28 ans, son père 62 ! Alors qu’il n’a que 7 ans, sa mère se remarie avec le commandant Aupick. Il détesta toujours son beau-père : on le mit donc en pension à Lyon, puis à Louis-le-Grand ; mais Baudelaire était un enfant extrêmement solitaire, à la fois cynique et mystique, qui avait de « lourdes mélancolies ».

1839-1841 : il mène la vie de bohème littéraire ; très tôt, il avait décidé, au désespoir de sa mère, de se consacrer à la littérature. Il connait des poètes : Lecomte de Lille, Théophile Gautier.

1841 : sa famille l’embarque à Bordeaux pour les Indes ; mais il n’ira pas plus loin que l’île Bourbon (= la Réunion). Ce voyage l’éveille à la poésie de la mer, du soleil, de l’exotisme, (cf la Vie Intérieure).

Rentré, majeur, il réclame sa part de l’héritage paternel, qui lui permet de mener une vie raffinée dans un hôtel particulier de l’île de la Cité : l’hôtel Pimodan. Il s’habille avec élégance : c’est « Byron habillé par Brummel », symbole de la supériorité aristocratique de l’esprit. Il se lie avec la mûlatresse Jeanne Duval, la « Vénus Noire », dotée d’une superbe chevelure bleue, mais cupide et menteuse. Baudelaire l’entretient.

1844 : Sa famille alors lui impose un conseil judiciaire, et le place sous la tutelle de Me Ancelle : contrainte pénible et humiliante.

Baudelaire se fait alors critique d’art ; il traduit et fait connaître Edgar Poe dont il apprécie la sensibilité morbide : c’est son « frère spirituel ». Il publie des poèmes dans des revues.

1852-1855 : son inspiration est décuplée par son adoration pour Madame Sabatier, dite la Présidente, qui est le contraire de Jeanne Duval. Il achève grâce à son appui son recueil, les Fleurs du Mal en 1857.

La parution fait scandale (mœurs de Lesbos…) Après un article du Figaro, le livre est condamné. Baudelaire doit en supprimer 6 pièces.

1861 : Baudelaire fait paraître une nouvelle édition, sans les pièces condamnées, mais avec 35 pièces nouvelles.

Critique d’art, il révèle l’écrivain « mangeur d’opium » Thomas de Quincey, signale le génie de Wagner et le talent du dessinateur Constantin Guys. Ses jugements sont justes et intéressants, mais il ne publie pas d’ouvrage énorme. Depuis quelques temps il est malade (siphyllis) et abuse des stupéfiants.

1864 : Il part en Belgique dans l’espoir d’une fructueuse tournée de conférences ; mais il y végète. Frappé par une crise en mars 1866, il est rapatrié à Paris, aphasique et à demi-paralysé. Il meurt en août 1867.

Son œuvre :

Critique d’art : Salons de 1845, 1846, 1859 ;

Critique musicale : Tannhaüser de Wagner ;

Traductions d’Edgar Poe, de Thomas de Quincey.