Les grands jeux en Grèce antique

 

Le stade d’Olympie

Historique

L’époque homérique

On connaît des jeux funèbres : dans l’Iliade, chant XXIII, jeux organisés par Achille après la mort de Patrocle : les concurrents sont les héros de l’épopée, Ajax, Ulysse… Ils occupent une grande place, v. 257-883 : course de char, pugilat, lutte, course à pied, escrime, lancer du poids, tir à l’arc, lancer du javelot.

Dans l’Odyssée, chant VIII, les jeux sont des réjouissances, qu’Alkinoos offre à Ulysse. Ils sont présidés par 9 citoyens ; à cette occasion Ulysse défie les jeunes Phéaciens. Ces jeux ne se rattachent à aucun culte et n’ont aucune périodicité.

L’époque dorienne

Il y a des rapports très étroits entre les jeux et un culte. Ils sont toujours ouverts par des processions, des sacrifices, et reviennent périodiquement. Ils sont ouverts à tous. Il existe plusieurs catégories de jeux :

  • jeux célébrés par une cité : par exemple les Panathénées. Les concurrents sont les citoyens.
  • jeux célébrés par une fédération, comme la ligue de Délos. les concurrents appartiennent à la fédération.
  • jeux panhelléniques : y concourt tout citoyen grec, libre, et jouissant de ses droits civiques. Exemple : les jeux olympiques.

L’époque classique

À la fin du Ve s., c’est un témoignage d’amitié que d’inviter les cités voisines.

Importance des jeux

Impact de ces jeux dans la vie des Grecs

Les jeux durent parfois une semaine et plus. Le programme est très chargé. Il y a trois catégories d’épreuves :

  1. concours équestres ;
  2. jeux athlétiques et gymniques ;
  3. concours musicaux : chants, danses, poésie.

Les épreuves les plus anciennes sont les courses, les luttes, le pugilat, les lancers (poids, javelot, disque), et le pentathle. Mais les concours musicaux prennent de plus en plus d’importance.

Impact sur la vie de la cité

Ce sont des fêtes officielles : organisateurs, présidents et juges sont des magistrats. Pendant les célébrations, toute affaire et tout procès sont suspendus ; il n’y a pas d’exécution capitale. Les cités font une trêve : la violer est le sacrilège suprême.

Les vainqueurs sont honorés comme des généraux : on leur dresse des statues, leur nom passe à la postérité – certains nous sont parvenus !

Les concurrents sont censés être des amateurs ; mais certains athlètes vont de jeux en jeux et deviennent de quasi spécialistes. Dans certaines familles, l’athlétisme est héréditaire.

Influence incontestable sur la civilisation

C’est à Olympie, à partir de 776, que se répand la pratique de la nudité athlétique ; d’où les canons de la beauté harmonieuse et équilibrée dans la sculpture grecque.

On retrouve cette influence dans le patrimoine littéraire : voir les Odes de Pindare. C’est l’un des thèmes les plus prisés de la poésie lyrique. Par ailleurs, la foule grecque raffinée et cultivée se voir réserver les œuvres des plus grands auteurs. Ainsi, Hérodote a fait lire devant ces foules une partie de ses Histoires.