Le culte des héros en Grèce antique

Héraklès, détail du Cratère des Niobides, v. 460–450 av. J.-C., musée du Louvre

Le culte des héros était très répandu ; il comportait tout un rituel de prières, de cérémonies, de sacrifices, différant assez nettement de ceux consacrés aux dieux, jusqu’au IVe s. inclus. À partir de l’époque hellénistique, ces différences s’atténuent, car s’instaure l’habitude de diviniser des vivants, rois ou empereurs.

Qu’est-ce qu’un héros ?

C’est un marginal : il peut être une divinité mineure ; généralement c’est un homme, qui a connu la vie terrestre, enraciné dans la condition humaine mais qui, au-delà de la mort, a acquis une condition supra-humaine et a été divinisé, pour des raisons multiples. On peut distinguer plusieurs types de héros :

  • Un personnage légendaire, dont les exploits intéressent toute la communauté hellénique : par exemple Héraklès.
  • Personnage légendaire dont la localisation est bien établie et dont le rayonnement est plus restreint : par exemple Thésée ; mais aussi les héros éponymes des tribus, des dèmes, les patrons d’une corporation…
  • Des personnages historiques, brillants et vénérés : Alexandre le Grand, Harmodios et Aristogiton (les tyrannoctones), Cimon (qui ramena à Athènes la tombe de Thésée), Homère, Eschyle, Sophocle
  • Des chefs de clans célèbres et glorieux, vénérés par l’ensemble des Grecs (Achille), ou par leurs descendants : Agamemnon, Oreste, Œdipe…

Que ces héros aient réellement existé ou non importait peu ; l’essentiel est qu’ils ont existé pour le Grec moyen, convaincu qu’ils ont à un moment de leur vie partagé les misères communes.

Fondement et signification du culte héroïque

Le culte repose sur l’idée que « du fond de leur tombe, certains morts sont encore puissants ». La tombe du héros est particulièrement magnifique : à Mycènes, Tholoi et tombes à chambres creusées dans le sol.

Ses objets familiers doivent l’accompagner ; on accordait une importance exceptionnelle à la possession de la tombe ou des ossements : Cimon a ramené la tombe de Thésée, on a cherché les ossements d’Oreste, d’Œdipe… Les villes se disputaient ces restes.

Le héros, présent, entend les siens, les défend, peut même les conseiller. L’origine de leur culte est apotropaïque. Cf. les Chœphores d’Eschyle : Électre et Oreste invoquent Agamemnon et Perséphone.

Un culte typiquement chtonien

Selon Pindare, « Les rois défunts ont connaissance de ce que font leurs descendants avec un entendement chtonien, et ils ont une âme souterraine« . Leur culte s’apparente aux cultes chtoniens. Les prières, les sacrifices ont lieu le soir ou la nuit ; la victime est courbée sur le sol, elle est sacrifiée sur un autel très bas ou sur une fosse. C’est la crainte qui est à la base de leur culte : il est toujours invoqué contre quelque chose, il peut donc nuire. Les rites sont très précis.