
Méthodologie du résumé
PREMIER CONTACT AVEC LE TEXTE :
Cherchez le thème et la visée du texte.
Commencez par lire le texte plusieurs fois. Au terme d’une « première approche », vous devez avoir une idée claire de son thème et de sa visée. Vous devez alors être en mesure de répondre aux questions suivantes:
- Quel est le sujet principalement discuté, le thème débattu ?
- Quelle est la visée argumentative du passage ?
- Ou bien, quelle thèse l’auteur souhaite-t-il rendre acceptable ?
Il est essentiel de répondre à cette première exigence : c’est elle qui garantit que vous avez bien compris le texte, qui vous fournit le fil directeur du résumé, et qui vous permet de déterminer ce qu’il faut absolument conserver dans le résumé, et ce qui peut être supprimé.
Sur quels indices vous appuyer pour déterminer cette visée ?
- Évidemment sur le titre du passage s’il en existe un. Un bon titre vous livre une clé décisive ; mais il peut arriver aussi qu’il soit mal choisi, et vous entraîne sur une fausse piste. PRUDENCE, donc !
- Le nom de l’auteur, le titre de l’œuvre, la date de première publication,
- Le début et la fin du texte sont également à considérer avec une particulière attention. Soit parce que ce sont des moments propices à l’exposition des thèses défendues ou réfutées, soit parce que leur rapprochement immédiat « résume » en quelque sorte la progression de l’argumentation, en faisant ressortir ses tenants et ses aboutissants. C’est pourquoi vous pouvez adopter le réflexe qui consiste, avant toute lecture intégrale, à parcourir les premières lignes du passage, puis, sitôt après, les dernières. Cela vous évitera, dans certains cas, de vous perdre dans le dédale du texte en voyant d’emblée où l’auteur veut en venir.
- La répétition insistante de termes ou d’expressions clefs. La présence d’un champ lexical fort, les notions souvent reprises et argumentées signalent généralement le thème principal du texte à résumer.
Le choix d’un titre.
De nombreux concours vous demandent de trouver un titre au texte. Dans ce cas, il ne faut pas le concevoir d’une manière accrocheuse (pour ne pas dire racoleuse…) ou journalistique, mais comme le résumé le plus synthétique possible du texte, qui exprime à la fois le thème et le propos du texte. Par thème on entend évidemment le sujet principal, ce dont il est essentiellement question dans le texte. Par propos il faut comprendre ce que l’auteur dit sur le thème, la thèse qu’il soutient, la position qu’il défend sur le sujet.
Une autre technique consiste à formuler la question à laquelle le texte, dans son ensemble, pourrait répondre, autrement dit, le thème et le problème qu’il soulève.
VERS UNE LECTURE PLUS FINE DU CIRCUIT ARGUMENTATIF.
Il s’agit maintenant de pénétrer plus avant dans la compréhension du texte-source et de sa structure afin de déterminer :
- les informations essentielles ;
- la progression logique qui permettra à la fois de « composer » votre résumé (découpage en §, équilibre général) et d’articuler les idées retenues sans trahir la dynamique argumentative.
Pour cela, quelques indices :
- la disposition typographique : le découpage en §. Attention cependant : il faudra regrouper les §, surtout s’ils sont nombreux dans le texte-source. Noter que le début et la fin de chaque § sont des emplacements clés.
- Les connecteurs argumentatifs : il s’agit de repérer les articulations majeures du texte-source (au nombre de 2 à 5 généralement). Inutile d’en chercher davantage, on ne pourrait en rendre compte dans le résumé. Chercher notamment les marques explicites d’une progression autocommentée : les 1°, 2°… Penser qu’un « troisièmement » qui surgit indique qu’il y avait avant deux subdivisions implicites. Le résumé doit expliciter ces grandes articulations.
- Le jeu des voix et l’énonciation (qui parle ? Y a-t-il du discours rapporté ? comment les citations sont-elles utilisées ? Ne pas confondre thèse soutenue et thèse adverse !)
- Les champs lexicaux ;
- Les stratégies argumentatives (thèse au début ou à la fin ? Exemples illustratifs ou argumentatifs ? ironie ?…)
On obtient ainsi un schéma argumentatif, qui est le squelette du résumé.
LA RÉDACTION.
- la reformulation, indispensable mais à manier avec prudence : il n’y a pas souvent de « vrais » synonymes en français.
- Il faut être moins ésotérique, moins jargonnant et plus didactique que l’auteur.
- Pensez à la « reformulation syntaxique » : un actif est plus court qu’un passif, un verbe qu’une forme nominale : évitez les cascades de compléments de noms.
- Il faut expliciter les grandes articulations logiques, même si elles ne sont qu’implicites dans le texte source.
- Ne pas oublier le compte des mots.
Compter les mots pour le résumé
Principe : tout mot plein doit être compté pour tel.
Exemples :
- Les mots élidés : s’ (= se), c’ (=ce), m’ et t’, l’, d’….comptent pour un mot.
- Les mots composés comptent pour autant de mots que les éléments dont ils sont composés : tout-à-l’égout = 4 mots ; grand-mère = 2 mots.
- En revanche, si les composants n’ont plus d’existence autonome, le mot composé ne compte que pour un. Ex : aujourd’hui (« hui » n’existant plus seul dans la langue).
En revanche, les titres (même longs !), les noms propres et les dates ne comptent que pour un mot.
Exemples :
- Scènes de la vie d’un Faune (un beau titre de l’auteur allemand Arno Schmidt, à lire absolument !) = 1 mot (d’où l’importance de souligner les titres, ou de les mettre en italique si vous travaillez au traitement de texte)
- Antoine de Saint-Exupéry = 1 mot (nom propre)
- Le 11 novembre 1918 = 1 mot.
A compléter…