L’alphabet grec

L’alphabet

Nom en lettres  majuscule et minuscule se prononce… remarques
alpha  Α α  a  long ou bref (pâte / patte)
bêta  Β β  b
gamma  Γ γ  g  devant γ, κ, χ, ξ le γ se nasalise (ang. king)
delta  Δ δ  d
 epsilon  Ε ε  é  é fermé toujours bref
 dzêta  Ζ ζ  dz / zd
êta  Η η  è  è ouvert toujours long
 thêta  Θ θ  th  Nous ne prononçons plus l’aspiration : théâtre
 iota  Ι ι  i  long ou bref ; sans point
kappa  Κ κ  k
 lambda  Λ λ  l  λλ n’a jamais le son mouillé : ville
 mu  Μ μ  m  ne nasalise pas la voyelle précédente
nu  Ν ν  n
 xi  Ξ ξ  x
 omicron  Ο ο  o  o ouvert, toujours bref
pi  Π π  p
 rho  Ρ ρ  r (roulé)
 sigma  Σ σ ς  s  σ en début ou milieu de mot, ς à la fin.
tau  Τ τ  t
 upsilon  Υ υ  u  comme le « u » français
 phi  Φ φ  f  on n’aspire plus : physique
khi Χ χ kh On n’aspire plus : chaos
 psi  Ψ ψ  ps
oméga  Ω ω  ô  o fermé long

Un peu d’histoire.

Les premiers alphabets, hiéroglyphiques ou cunéiformes, contiennent des centaines, voire des milliers de signes, et sont réservés à une toute petite caste de scribes, qui gardent jalousement leurs secrets.

Le « Linéaire B », utilisé durant la période mycénienne (2000-1000 environ av . J-C) est déjà un progrès : c’est un syllabaire. Mais il est peu maniable, et contient encore trop de signes. Il disparaît avec la civilisation mycénienne, mais le souvenir de l’écriture s’est probablement conservé durant les siècles du « Moyen-Âge grec » : le syllabaire a d’ailleurs perduré à Chypre jusqu’à l’époque hellénistique. Aussi, lorsque au IXème siècle av. J-C, les Grecs découvrent, au contact des Phéniciens, un alphabet phonétique, ils s’en emparent, et n’hésitent pas à le transformer pour leur usage propre.

En effet, l’alphabet Phénicien ne comporte que des consonnes – un peu comme l’alphabet arabe aujourd’hui. Langue sémitique, le Phénicien comporte davantage de consonnes que les langues indo-européennes : aussi un certain nombre de lettres phéniciennes restaient inemployées. Les Grecs en profitèrent pour noter les voyelles… Ainsi, chaque son trouvait sa transcription, et n’importe qui pouvaient, avec un rapide apprentissage, transcrire n’importe quel mot et le reconnaitre une fois écrit : une révolution considérable ! Ce fut le premier alphabet phonétique complet de l’histoire de l’humanité, et ce fut probablement le fruit d’un travail conscient, concerté.

Piedra de Nora

La « Piedra de Nora » en alphabet phénicien

Tablette en linéaire B

Les premières inscriptions datent du VIIIème siècle : elles sont de nature privée, sur céramique, et sous forme métrique ; ce qui fait remonter leur invention au IXème siècle av. J-C ; c’est une rupture totale avec ce qui précédait. Elle a pu être le fait :

  • Des Eubéens, grands navigateurs, au contact avec les Phéniciens ; la pratique de l’alphabet y était très répandue chez les potiers vers 720 ; mais il a pu exister des supports souples antérieurs, qui ont été perdus.
  • Des Ioniens, qui, dès le départ, possèdent des voyelles longues. Homère serait Ionien !
  • Des Athéniens
  • Ou même par les trois ensemble, qui formaient une vaste communauté culturelle, avec Thèbes et la Béotie.

L’origine de l’écriture est donc poétique, et métrique ! Or on a pu dater les textes d’Homère du IXème ou du VIIIème siècle : ils auraient été dictés par l’aède, ou par un de ses proches, pour les fixer. Ils reprennent des éléments d’une épopée mycénienne d’avant le XIIème siècle. Même la division en chants serait homérique, et non hellénistique !

Cette invention de l’écriture permit sans aucun doute, non seulement le développement du commerce, du droit – les lois, gravées sur les murs de l’Agora, étaient accessibles à tous – et du savoir.

Généalogie de l’alphabet grec