Michèle TILLARD, Lycée Montesquieu, 72000 LE MANS - 12/09/201

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Peintre de Ménélas, Œdipe et le Sphynx, vase à figures rouges. (Musée du Louvre)

VERSION N° 7 : Sophocle, prologue d'Œdipe-Roi

Au point où vous en êtes dans l’apprentissage de la version, vous pouvez à présent vous attaquer à de « vraies » version, destinées à des classes préparatoires littéraires, ou à des préparations d’agrégation. Vous en trouverez un certain nombre sur mon site, Philo-lettres, dans la « page de l’helléniste ».
Je vous propose de vous lancer dès à présent dans la version du mois de mars 2011 : Le prologue d'Œdipe-Roi
Elle peut vous sembler, au premier abord, plus difficile, parce qu’il s’agit de poésie ; mais nous allons, comme d’habitude, affronter les difficultés les unes après les autres, en nous appuyant sur les outils déjà connus et sur le kit de survie.
Il ne serait pas mauvais, au préalable, de revoir quelques connaissances élémentaires au sujet de la tragédie grecque : c’est ici.
Il vous faudra également acquérir quelques notions de métrique.

Première étape 

prenons connaissance du texte dans son ensemble.

Il s’agit du Prologue de la tragédie – l’équivalent, pour nous, des scènes d’exposition : nous pouvons donc nous attendre à l’exposé des faits qui ont mené à la tragédie. Ici, il est sous la forme d’un dialogue, entre Œdipe et un prêtre (ἱερεύς). Commençons par relever les marques du dialogue : indications du locuteur, vocatifs, verbes à la 2ème personne du singulier ou du pluriel, impératifs... Nous les avons surlignés en jaune.

Nous trouvons également des indications de lieux et de personne, que nous avons surlignées en bleu.

Il s’agit donc d’un dialogue assez dramatique, mettant en jeu la cité toute entière dans ses relations aux dieux.

Deuxième étape : la réplique d'Œdipe

Ὦ τέκνα, Κάδμου τοῦ πάλαι νέα τροφή,
τίνας ποθ´ ἕδρας τάσδε μοι θοάζετε
ἱκτηρίοις κλάδοισιν ἐξεστεμμένοι ;
Πόλις δ´ ὁμοῦ μὲν θυμιαμάτων γέμει,
ὁμοῦ δὲ παιάνων τε καὶ στεναγμάτων·
ἁγὼ δικαιῶν μὴ παρ´ ἀγγέλων, τέκνα,
ἄλλων ἀκούειν αὐτὸς ὧδ´ ἐλήλυθα,
πᾶσι κλεινὸς Οἰδίπους καλούμενος.
Ἀλλ´, ὦ γεραιέ, φράζ´, ἐπεὶ πρέπων ἔφυς
πρὸ τῶνδε φωνεῖν· τίνι τρόπῳ καθέστατε,
δείσαντες ἢ στέρξαντες ; ὡς θέλοντος ἂν
ἐμοῦ
προσαρκεῖν πᾶν· δυσάλγητος γὰρ ἂν
εἴην τοιάνδε μὴ οὐ κατοικτίρων ἕδραν.

Elle est constituée de deux phrases, adressées chacune aux deux interlocuteurs déjà mentionnés : « mes enfants » d’abord, puis « vieillard ».

L’adresse au peuple (v. 1-7) 

La construction n’est pas difficile ; il faut seulement chercher le vocabulaire, évidemment poétique.

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L’adresse au prêtre (v. 8-13)

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Troisième étape : la tirade du prêtre

Vers 14-21

ΙΕΡΕΥΣ
Ἀλλ´, ὦ κρατύνων Οἰδίπους χώρας ἐμῆς,
ὁρᾷς μὲν ἡμᾶς [ἡλίκοι προσήμεθα
βωμοῖσι τοῖς σοῖς], οἱ μὲν οὐδέπω μακρὰν
πτέσθαι σθένοντες, οἱ δὲ σὺν γήρᾳ βαρεῖς,
ἱερεύς, ἐγὼ μὲν Ζηνός, οἵδε τ´ ᾐθέων
λεκτοί
· τὸ δ´ ἄλλο φῦλον ἐξεστεμμένον
ἀγοραῖσι θακεῖ, πρός τε Παλλάδος διπλοῖς
ναοῖς, ἐπ´ Ἰσμηνοῦ τε μαντείᾳ σποδῷ.

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Vers 22-30

Πόλις γάρ, (ὥσπερ καὐτὸς εἰσορᾷς), ἄγαν
ἤδη σαλεύει, κἀνακουφίσαι κάρα
βυθῶν ἔτ´ οὐχ οἵα τε φοινίου σάλου,
φθίνουσα μὲν κάλυξιν ἐγκάρποις χθονός,
φθίνουσα δ´ ἀγέλαις βουνόμοις τόκοισί τε
ἀγόνοις γυναικῶν· ἐν δ´ ὁ πυρφόρος θεὸς
σκήψας ἐλαύνει, λοιμὸς ἔχθιστος, πόλιν,
[ὑφ´ οὗ κενοῦται δῶμα Καδμεῖον], μέλας δ´
Ἅιδης
στεναγμοῖς καὶ γόοις πλουτίζεται.