Qu'est-ce que la stylistique ?

Le cours

 

La stylistique peut se définir, très simplement, comme l'ensemble des ressources que la linguistique met à la disposition du lecteur pour analyser un texte, et en extraire le sens.

Son but est de produire des commentaires stylistiques, c'est à dire une lecture ordonnée du texte fondée sur des indices textuels repérés au moyen de la linguistique.

Nous verrons ci-après quels sont ces outils et ces moyens :

Nous verrons ensuite comment s'organise un commentaire stylistique.


LA STYLISTIQUE DU MOT.

Le signe linguistique :

L'analyse du signifié :

Mais ce terme est éminemment polysémique : il désigne aussi le "niveau de langue" (soutenu, courant, familier...), bien que l'usage scolaire actuel tende à renoncer à cet emploi, et surtout ce que l'on appelait naguère la "tonalité" : comique, sérieuse, tragique... Dans ce sens, il s'applique évidemment à un texte, non à un mot isolé ou à un ensemble de mots.

Dénotation (ou sèmes inhérents) ~ connotation (sèmes afférents) :

la dénotation est le sens que prend un mot hors contexte ; la ou les connotation(s) désigne(nt) les sens associés que prend un même mot dans un contexte donné.

Connotation axiologique :

type particulier de connotation introduisant un jugement appréciatif ou dépréciatif. Ex : "jaunâtre" contient une connotation axiologique négative par opposition à "jaune". Ce type de connotation renvoie bien évidemment à l'énonciation.


A analyser : le mot "yeux" dans les textes d'Aragon et Eluard.

o    sème générique : /pour voir/ + /appartient à un être animé/

o    sémantème : /pluriel/ + /organe de la vue formé d'une pupille et d'un iris/ + /situé sur le visage/

o    sémème : ensemble du sème générique et des sémantèmes

o    pour la dénotation, consulter le Trésor de la langue française : http://atilf.atilf.fr/tlf.htm

o    connotations : beauté, lumière, sentiment, pensée... éclat, regard, et métonymie de la personne aimée (parce que c'est par son regard, donc par ses yeux que l'on communique avec elle).

·         Polysémie :

o    Syllepse de sens (ou oratoire) : un signifiant est doté simultanément d'un sens propre et d'un sens figuré. Voici une belle syllepse de sens : 
Un garçon de café à des joueurs de bridge : 
- pour qui la bière ? 
Et un joueur de répondre : 
- pour le mort...
Cf textes : Eluard "bateaux chargés du ciel et de la mer..." (chargés : ayant pour cargaison, ou pour mission ? les deux sens en même temps)

o    Antanaclase : le signifiant est répété, et prend successivement un sens propre et un sens figuré. Ex du poème de Marbeuf :
"Et la mer est amère et l'amour est amer
Dans ce cas, cependant, on parle également de diaphore ; le terme antanaclase est alors réservé à la reprise d'un mot prononcé par un interlocuteur ou un adversaire ; l'antanaclase est alors une figure de l'ironie. Ex : 
"Vous vous dites homme d'affaires : eh bien, vous vous êtes mis dans une sale affaire !" Dans le 1er cas, "affaires" désigne des opérations commerciales, et dans le second, des problèmes judiciaires.

NB : Beaucoup d'auteurs, comme Fontanier (Les Figures du discours, 1821-1827)  ne distinguent pas entre diaphore, syllepse de sens et antanaclase.

o    Expolition : ressemble à la paraphrase, et consiste à répéter plusieurs fois la même information dans le même texte.

==> Texte d'Aragon, "Les yeux d'Elsa" : montrer combien de fois est répétée l'information : "les yeux sont bleus".

·         Hyperonymie ~ hyponymie : l'hyperonyme est un terme générique, l'hyponyme un terme concret. Ex : "arbre" est un hyperonyme, "orme" un hyponyme.

==> Texte d'Aragon : "oiseaux", "fleurs sauvages", "insectes" sont des hyperonymes ~ "lavande" = hyponyme.

·         Méronymie ~ holonymie : le méronyme désigne la partie d'un tout, l'holonyme le tout. Ex :"voile", "œil" sont des méronymes pour "bateau" et "femme".

Le champ lexical :

·         Champ sémantique : c'est l'ensemble des sens que peut prendre un mot ; on en trouve la liste dans les définitions du dictionnaire. Cela désigne aussi l'ensemble des associations socio-culturelles d'une lexie à une époque donnée ; ces associations sont perçues comme antérieures au texte, et renvoient à la lexicologie.
Ex : nazisme = "doctrine officielle de l'Allemagne entre 1933 et 1945" (dénotation) + notions associées : exaltation de la guerre, expansionnisme, totalitarisme, antisémitisme, camps de concentration et d'extermination.

·         Champ lexical : délimite un champ notionnel auquel on fait correspondre un ensemble structuré de mots. Il s'établit à partir d'un texte. Etablir le champ lexical d'un texte, c'est construire une grille lexicale organisant en un ensemble de différents registres tous les mots d'un texte.
Ex : le vocabulaire de l'enfermement dans  Spleen de Baudelaire ;
Ex : Marbeuf (texte 2) : champ lexical de la mer ("mer", "s'abîme", "orage", "les eaux", "rivage", "hasard de naufrage", "mer", "l'eau" (répété trois fois) : hyperbole et métaphore "la mer de mes larmes". Champ lexical de l'amour, associé au feu : "amour" (huit occurrences), "les maux qu'on souffre pour aimer" (pour =causal), "la mère de l'amour", "le feu", "ce feu", "brasier amoureux", "ton amour qui me brûle", "son feu" ==> le poème exprime le combat cosmologique de l'eau et du feu.

==> Analyser les champs lexicaux présents dans les textes 8 (Flaubert), 11 (Eluard) et 12 (Aragon)

L'isotopie

Notion que l'on doit à Greimas, et qui exprime la récurrence d'un même sème générique ou spécifique. Ex : dans "l'enfant dort" on trouve l'isotopie générique /animé/ ; en effet les deux mots "enfant" et "dormir" ne peuvent s'appliquer qu'à des êtres animés.
Dans "l'aube allume la source", on trouve l'isotopie spécifique /commencement/ commune aux trois termes "aube", "allumer" et "source".

==> Quelle isotopie chez Eluard ? pureté et naissance.


LES FIGURES MICROSTRUCTURALES

On appelle ainsi les figures isolables sur des segments précis du discours, qui se signalent d'emblée et s'interprètent en fonction du contexte restreint, c'est à dire à l'intérieur du texte même. On distingue trois sortes de figures microstructurales :

  1. Les figures de diction, qui affectent la sonorité du segment ;
  2. les figures de construction, qui touchent sa forme grammaticale ou lexicale ;
  3. Les figures de sens, ou tropes : synecdoque, métonymie, métaphore.

LES FIGURES DE DICTION :

Figures modifiant le signifiant :

  1. l'aphérèse ("les Ricains", le "scope")
  2. l'apocope ("le ciné", "la télé"...)
  3. l'épenthèse, qui ajoute un phonème à l'intérieur d'un mot, comme dans le célébrissime "Merdre" qui ouvre Ubu Roi
  4. les mots-valises, tels que " nullastreux " (nul + désastreux)

Figures de continuité phonique :

LES FIGURES DE CONSTRUCTION :

Ces figures concernent l'organisation syntaxique du discours ; elles peuvent impliquer une répétition lexicale, ou affecter la forme de la phrase.

FIGURES IMPLIQUANT UNE RÉPÉTITION LEXICALE SANS MODIFICATION DU SIGNIFIÉ :

1. Sur parallélisme :

·         L'épizeuxe : itération lexicale contigüe ("allons, allons") : chez Flaubert (texte 8 : "ils allaient, ils allaient...", ou encore le dernier vers des "Yeux d'Elsa" :
            "moi je voyais briller au dessus de la mer
            Les yeux d'Elsa, les yeux d'Elsa, les yeux d'Elsa."

·         Anaphore rhétorique : répétition d'un mot ou groupe de mots en début de phrase, de paragraphe ou de strophe. Dans le Prologue de la Saison en enfer, on trouve par exemple :
 
  "et je l'ai trouvée amère - et je l'ai injuriée"
    et j'ai joué... et le printemps...

l'anaphore sert de liaison entre les paragraphes.

·         L'épiphore est le pendant de l'anaphore : comme elle, elle répète un mot ou un groupe de mots, mais à la fin de plusieurs phrases consécutives, ou de plusieurs paragraphes.

·         L'hypozeuxe : parallélisme appuyé de groupes syntaxiques le plus souvent juxtaposés. On trouve ainsi dans le Prologue de la Saison en enfer :

o    "Et je l'ai trouvée amère / et je l'ai injuriée

o    je me suis armé / je me suis enfui (avec antithèse)

o    j'ai appelé les bourreaux pour... /j'ai appelé les fléaux pour...

o    Je me suis allongé... / je me suis séché...

De même chez Aragon, en particulierstr. 1 :

        "Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire [...]
        Tes yeux sont si profonds que j'en perds la mémoire."

·         l'antépiphore : répétition de la même formule ou du même vers au début et à la fin d'un ensemble syntaxique ou d'une strophe. c'est ce que l'on trouve dans les refrains, en particulier dans le pantoum. Cf. "Harmonie du soir" (Baudelaire, texte 7) ; Voir aussi la première strophe des "Yeux d'Elsa" (v. 1 et 4 : "tes yeux sont si profonds que...)

·         La symploque combine l'anaphore et l'épiphore. Ex donné par Suhamy dans le Que sais-je intitulé Les Figures de style, p. 57 :
        None hasunderstood you, but Iunderstand you
          None Adjonctions : appositions descriptives qui ajoutent une précision un peu superflue. "Les familles, les relations de mère à enfant"...

  • paradiastole : alignement de segments de même longueur, de même syntaxe et de même rythme : "sans loisirs, sans relâche" o
  • gradations : "jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la mort" ; "à prolonger, à renouveler, à multiplier..."
  • 2. FIGURES DE CONDENSATION :

    ·         L'épiphonème : réflexion-commentaire, autonome et amovible. Ex : la moralité, dans les Fables.

    ·         L'épiphrase : réflexion commentaire, mais qui n'est pas autonome. Cf. Céline : "faut que je le dise tout de suite", ou "je le concevais"

    ·         La parembole : ex : "horresco referens" de Virgile (II, 204 : mort de Laocoon) : parenthèse ayant un lien syntaxique avec ce qui précède. Ici, "referens" suppose un complément, qui est justement le récit en question. Voir aussi texte de Céline : "ce que les chiens ne font pas"

    FIGURES PORTANT SUR LA COMPOSANTE SÉMANTIQUE DU DISCOURS :

    ·         L'antithèse : cf. Céline : "avec casque, sans casque"...

    ·         Le paradoxe

    ·         Le "coup de forceprésuppositionnel" : donner comme allant de soi un présupposé qui justement fait problème.
    Ex : "Les défaites étant à l'ordre du jour, il est naturel que Dieu en bénéficie" (Cioran).

    FIGURES PORTANT SUR LA COMPOSANTE ÉNONCIATIVE DU DISCOURS :

    1. FIGURES PORTANT SUR L'ÉNONCIATION ELLE-MÊME :

    ·         La prétérition. "Je ne dirai pas que..." cf. tirade du Misanthrope, sonnet d'Oreste : "Je ne dis pas cela. Mais..."

    2. FIGURES PORTANT SUR L'IDENTITÉ DU LOCUTEUR OU DE L'ALLOCUTAIRE :

    ·         L'apostrophe rhétorique, adressée à un absent, à une abstraction ou à un inanimé ; "Ô temps..."

    ·         La prosopopée

    ·         L'adresse indirecte : cf. Alceste inventant, dans le Misanthrope, une discussion avec un ami au sujet du sonnet d'Oronte. Ou Sganarelle s'inventant un autre maître pour critiquer Dom Juan sans danger !

    3. FIGURES PORTANT sur l'acte de langage : dérivation illocutoire :

    ·         Interrogation rhétorique, totale ou partielle : "pourquoi s'arrêteraient-ils" (texte de Céline)

    ·         Dérivation illocutoire : "avez-vous du feu" pour "donnez-moi du feu".

    FIGURES PORTANT SUR LA COMPOSANTE RÉFÉRENTIELLE DU DISCOURS :

    Ces figures produisent un décalage entre ce qui est dit et le contexte.

    1. Figures d'exagération et d'atténuation :

    ·         L'hyperbole : dans le texte de Céline, "nous entourant de mille morts", "armés jusqu'aux cheveux", "mille fois plus enragés que mille chiens"...

    ·         La tapinose : exagération procédant par dégradation burlesque ; ex : "il ne casse pas trois pattes à un canard" = constatation neutre exprimant une idée péjorative.

    ·         La litote

    ·         L'euphémisme

    2. Figures d'association :

    ·         l'allégorie

    ·         L'allusion

    ·         La métalepse : "fait entendre une chose par une autre, qui la précède, la suit ou l'accompagne".
    Ex : "il est vert" : il est vexé, ou il a mal au cœur ; "il tremble" = il a peur

    3. L'ironie :

    ·         L'antiphrase : "nous étions jolis !" (Céline)

    ·         Discours volontairement inadéquat, comme si le locuteur "mentionnait" un autre discours que le sien.
    Ex : En attendantGodot, acte I : Estragon : "Étant donné la beauté du lieu..." ou "Endroit riant.."

     

     


    LA STYLISTIQUE DE LA PHRASE

    1. MODES DE CONSTITUTION DE LA PHRASE

    1. Phrase verbale et averbale

    Avec l'emploi de la modalité assertive, apparaissent des phrases nominales qui énoncent un simple constat de réalité.
    L'incipit d'Alchimie du verbe commence par deux phrases nominales, monorhèmes :
    A moi. L'histoire d'une de mes folies.

    "A moi" = à mon tour (après avoir, dans Délires I, laissé la parole à la "Vierge folle", Verlaine)
    "L'histoire..." = ellipse de "je vais raconter".

    2. construction liée et construction détachée

    ·         Construction liée : "Pierre joue du piano"

    ·         Construction détachée : "chez lui, Pierre joue du piano" : "chez lui" n'appartient pas au rhème ; on peut le déplacer.

    3. Thématisation et rhématisation

    ·         Un cas particulier : la segmentation. L'élément détaché n'a plus qu'une valeur thématique.

    o    "Pierre aime la musique" : le COD fait partie du rhème.

    o    "Pierre l'aime, la musique" : "la musique" devient un thème.

    ·         Exemples dans le texte de Céline :

    o    "la campagne, [...] j'ai jamais pu la sentir (la campagne = thème)

    o    "ce colonel, c'était donc un monstre !" (ce colonel = thème)

    2. MODES DE LIAISON DES CONSTITUANTS.

    1. Les systèmes énumératifs

    ·         fermés : a, b et c

    ·         ouverts : a, b, c... ou a et b et c...

    ·         Fausse clôture : a, b, et c, et d...

    Dans l'incipit d'Alchimie du verbe, on trouve des énumérations :
    "dessus de porte, décors..."
    "latin d'église, livres érotiques"...
    "croisades, voyages, républiques..."
    Il s'agit d'énumérations ouvertes, marquant justement l'absence de limite, le vertige.

    Chez Céline, longue énumération ouverte, voulant donner une idée d'infini : "avec casque, sans casque, sans chevaux, sur motos, hurlants, en auto, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant..." et une énumération avec fausse clôture : "pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire..." mais l'on trouve aussi, au début du texte, une énumération fermée, qui "règle son compte" à la campagne, en prétendant en donner une description exhaustive : avec ses bourbiers qui n'en finissent pas, ses maisons où les gens n'y sont jamais, et ses chemins qui ne vont nulle part.

     

    2. Hypotaxe et parataxe :

    ·         Parataxe : juxtaposition ou coordination de propositions, style coupé. On trouve ce style notamment chez Voltaire : ainsi dans Candide, ch. VI :
    "Le Biscayen et les deux hommes qui n'avaient point voulu manger de lard furent brûlés, et Pangloss fut pendu, quoique ce ne soit pas la coutume. Le même jour, la terre trembla avec un fracas épouvantable."
    L'absence de tout connecteur entre les deux phrases rend l'ironie plus sensible.

    ·         Hypotaxe : mode de construction par subordination : style enchaîné (cf. Proust). La période représente le paroxysme du style enchaîné.

    L'incipit d'Alchimie du verbe est un texte entièrement fondé sur la parataxe asyndétique : style coupé. Effet d'accumulation où les éléments logiques sont oblitérés.

    Le texte de Céline utilise constamment la parataxe : à part le 1er §, pas de subordination. Style coupé, traduisant à la fois une volonté de parler populaire et oralisé, et l'affolement du narrateur.

    3. MODES DE SUCCESSION DES CONSTITUANTS :

    ·         Place de l'adjectif :

    Exemple de L'incipit d'Alchimie du verbe : "opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs"
    "Vieux" se trouve mis en parallèle avec "niais" et "naïfs". Cela insiste sur le caractère suranné de ces opéras. Inversement, "vieux opéras" aurait eu une connotation positive.
    En outre, "opéras vieux" est une cadence mineure ; normalement, un adjectif court précède un substantif plus long, ce qui donne ici un effet de boitement.

     

    3. MODE DE STRUCTURATION RYTHMIQUE DES CONSTITUANTS :

    1. Développement par masses croissantes ou décroissantes :

    ·         cadence majeure :développement par masse volumétrique croissante ; dans le texte de Céline, cette cadence domine.

    ·         cadence mineure : développement par masse volumétrique décroissante : elle est toujours marquée.

    2. Phrase équilatérale et phrase scalène :

    La phrase canonique comporte deux versants mélodiques : une protase (ascendante) et une apodose (descendante).

    ·         La phrase équilatérale présente une protase et une apodose équilibrées, une cadence neutre. 

    o    Ex : "jamais je n'avais senti plus implacable / la sentence des hommes et des choses" (Céline)

    ·         La phrase scalène peut avoir une longue protase et une apodose très brève (phrase couperet); ou au contraire une protase très brève et une longue apodose (phrase à traîne)

    o    phrase scalène à traîne : "ce colonel, c'était donc un monstre !" (Céline) ou "décidément, je le concevais, je m'étais embarqué dans une croisade apocalyptique."

    o    phrase scalène couperet : "Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? pensais-je"

    3. Développement par parallélisme :

    ·         isocolie : équivalence au moins approximative des volumes des constituants d'une phrase.
    Ex chez Céline : "moi d'abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j'ai jamais pu la sentir, je l'ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n'en finissent pas, ses maisons où les gens n'y sont jamais, et ses chemins qui ne vont nulle part." groupes de 5, 7, 7, 7, 10, 10, 9 = on peut diviser la phrase en deux parties, de "moi d'abord" à "triste", puis le groupe ternaire des trois syntagmes nominaux.

    Pour un exemple d'étude, voir : 

    ·         le texte de Brigitte Richter.

    ·         Un extrait de Jérôme Garcin