Plaute (254 ( ?) – 184 av. J-C

Introduction au théâtre romain

Asinaria Aulularia
Amphitryon
Mercator Miles Gloriosus Menaechmi
Mostellaria Captiui Trinummus
Pseudolus Rudens

Ménechme

Le Parasite (v. 77-109)

Sénaires iambiques

(PENICULUS)

Iuuentus nomen fecit Peniculo mihi,
ideo quia mensam, quando edo, detergeo.
Homines captiuos qui catenis uinciunt
et qui fugitiuis seruis indunt compedes,
nimis stulte faciunt mea quidem sententia.
Nam homini misero si ad malum accedit malum,
maior lubido est fugere et facere nequiter.
Nam se ex catenis eximunt aliquo modo.
tum compediti anum lima praeterunt
aut lapide excutiunt clauom : nugae sunt eae.
Quem tu adseruare recte, ne aufugiat, uoles,
esca atque potione uinciri decet.
Apud mensam plenam homini rostrum deliges.
Dum tu illi, quod edit et quod potet, praebeas,
suo arbitratu adfatim cottidie,
numquam, edepol, fugiet, tametsi capital fecerit,
facile adseruabis, dum eo uinclo uincies.
Ita istaec nimis lenta uincla sunt escaria;
quam magis extendas, tanto adstringunt arctius.
Nam ego ad Menaechmum hunc eo, quo iam diu
sum iudicatus, ultro eo ut me uinciat.
Nam illic homo homines non alit, uerum educat,
recreatque : nullus melius medicinam facit.
Ita est adulescens; ipsus escae maxumae :
cerialis coenas dat, ita mensas exstruit,
tantas struices concinnat patinarias:
standum'st in lecto, si quid de summo petas.
Sed mi interuallum iam hos dies multos fuit:
domi domitus sum usque cum caris meis.
Nam neque edo, neque emo, nisi quod est carissumum.
Sed quoniam cari, qui instruuntur, deserunt.
Nunc ad eum inuiso : sed aperitur ostium.
Menaechmum eccum ipsum uideo ; progreditur foras.

LABROSSE :

La jeunesse m'a donné le nom de Labrosse parce que, quand je mange, je nettoie la table. Les hommes qui chargent les prisonniers de chaînes et mettent des entraves aux esclaves fugitifs, agissent très bêtement, c'est du moins mon avis. En effet, si pour un misérable, le malheur s'ajoute au malheur, plus grand est le désir de fuir et de mal agir. De fait, ils se sortent d'une manière ou d'une autre des chaînes, tantôt en limant le chaînon de l'entrave, tantôt en faisant sauter la clavette avec une pierre : ce sont là des bagatelles. Celui qu'on voudra bien conserver pour qu'il ne fuie pas, qu'il ne vole pas, il conviendra de l'enchaîner par la nourriture et la boisson. On attache par le groin un homme à une table pleine. Pourvu qu'on lui présente de quoi boire et de quoi manger à sa guise, tout son soûl, chaque jour, jamais il ne fuira, par Pollux, même s'il a commis un crime capital ! On le garder facilement, tant qu'on l'attachera par cette chaîne-là. Tant ces liens de bouche sont élastiques : plus on les étend, plus ils serrent fort. Ainsi, moi, maintenant, je vais chez Ménechme, à qui j'ai été adjugé il y a déjà longtemps. J'y vais de moi-même, pour qu'il m'enchaîne. En effet, là, ce n'est pas un homme qui nourrit des hommes, il les gave et leur redonne vie : il n'y a pas meilleur médecin ! Tant ce jeun homme est de grande vie ! Il donne des dîners dignes de Cérès, tant il charge les tables, tant il présente de piles de plats, qu'il faut se lever sur son lit si on veut atteindre quelque chose sur le dessus ! Mais voilà b en des jours que je ne suis pas venu : j'ai été retenu chez moi avec tout ce qui m'est cher. En effet je ne mange ni n'achète rien qui ne soit le plus cher. Mais puisque les nourritures chères que l'on me prépare m'abandonnent, moi je reviens chez lui. Mais on ouvre la porte ; je vois Ménechme en personne ; il sort.

Éclaircissements linguistiques