LA TRAGEDIE GRECQUE

1- ORIGINES :

Le dithyrambe :

Probablement, à l'origine, un chœur d'hommes déguisés en satyres, à l'extérieur à demi-sauvage, et que le peuple nommait "boucs" (tragos, d'où tragikos), représentant le cortège exubérant de Dionysos. A la fin du VIIème siècle, le lesbien Arion de Méthymne introduit un peu d'ordre dans ces manifestations turbulentes. Sans doute le chœur était-il précédé d'un récit fait par le choryphée : mélopée uniforme, jouée autant que chantée. Aux Vème et IVème siècles, le dithyrambe subsiste à côté de la tragédie, mais complètement transformé par l'influence de celle-ci. Il comporte une action dramatique, un dialogue, des acteurs, une mise en scène, mais il se distingue de la tragédie par la prépondérance de la musique et de la danse sur la poésie,(un peu comme dans nos opéras).

Autres origines :

Des études récentes tendent à chercher l'origine de la tragédie soit dans d'autres cérémonies religieuses, soit dans certaines coutumes modernes considérées comme représentatives des coutumes anciennes, soit dans des pratiques magiques. Mais tout cela n'est qu'hypothèses ; seul le texte d'Aristote (les tragédies venues des dithyrambes) est certain.

L'évolution :

D'abord se rapportant exclusivement à Dionysos, elle s'étend bientôt à toute la mythologie grecque. Le chœur n'est plus composé de satyres, mais de soldats, de vieillards etc. (sauf dans le drame satyrique). Le récitant impersonnel devient un acteur. Eschyle adopte les 2 acteurs, Sophocle le 3ème. Le parler a une place de plus en plus importante. On adopte le trimètre iambique.

2- STRUCTURES TECHNIQUES :

La tragédie comprend 5 actes séparés par 4 chants du chœur :

3- LES REPRESENTATIONS :

Les représentations dramatiques donnent lieu à un concours entre les poètes. Au Vème siècle les concurrents se présentaient à un archonte qui sélectionnait les oeuvres représentées. Même les poètes étrangers avaient le droit de concourir. L'archonte choisissait les 3 poètes dont les oeuvres lui paraissaient le plus dignes d'être jouées, et qui présentaient chacun une tétralogie : 3 tragédies, libres ou liées, et 1 drame satyrique. Il leur donnait un chœur (choron didonai), c'est à dire l'autorisation de faire monter leurs pièces aux frais d'un chorège. Le chorège était chargé de recruter les acteurs (hypocritai) et les choreutes, et de surveiller les répétitions. Les acteurs sont tous des hommes. Ils portent des chaussures élevées, les cothurnes, et portent un masque qui agrandit le visage et enfle la voix.

Les femmes étaient admises aux représentations, qui commençaient avec le lever du jour et se terminaient dans le courant de l'après-midi : on buvait et on mangeait dans le théâtre ! Le prix des places était de 2 oboles, mais un fond spécial créé par l'Etat, le Theorikon, payait aux pauvres une indemnité qui leur permettait d'assister à la fête. Des places d'honneur étaient réservées aux prêtres et prêtresses de Dionysos, aux archontes, aux proedres (présidents de la Boulè et de l'Ekklesia, à des étrangers ou à des citoyens qu'on voulait honorer. 3 prix étaient distribués, au chorège, au poète et aux acteurs.

Vers le milieu du Vème siècle, on introduit la comédie dans les concours, et on n'exige plus de tétralogie liée.

Les prix étaient attribués d'abord par le peuple tout entier, puis par un jury tiré au sort. Les noms du poète victorieux, de ses pièces, ceux des acteurs et de l'archonte étaient inscrits sur des procès verbaux (les didaskalies) et conservés dans les archives. On les gravait aussi sur des stèles de pierre ou de marbre, dont on a retrouvé beaucoup d'exemplaires près des théâtres.

En dehors de ce concours, des troupes parcouraient la Grèce, et répandaient les pièces les plus célèbres.

On connaît mal la condition des acteurs à Athènes à l'époque classique. A l'époque hellénistique, ils se groupaient en corporations d'artistes dionysiaques. L'une d'elles dont le siège était à Téos, avait le monopole de l'Ionie. Une autre existait à Athènes. Il existait aussi des troupes ambulantes. A Athènes l'archonte désignait le chœur à la demande du poète ; le chœur désignait le protagoniste, qui lui-même désignait les autres acteurs. Dans la tragédie, il y avait deux puis trois et même 4 acteurs, chacun jouant plusieurs rôles.

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