PLATON, MENEXENE

La démocratie athénienne (238c-239b)

Πολιτεία γὰρ τροφὴ ἀνθρώπων ἐστίν, καλὴ μὲν ἀγαθῶν, ἡ δὲ ἐναντία κακῶν. Ὡς οὖν ἐν καλῇ πολιτείᾳ ἐτράφησαν οἱ πρόσθεν ἡμῶν, ἀναγκαῖον δηλῶσαι, δι' ἣν δὴ κἀκεῖνοι ἀγαθοὶ καὶ οἱ νῦν εἰσιν, ὧν οἵδε τυγχάνουσιν ὄντες οἱ τετελευτηκότες. Ἡ γὰρ αὐτὴ πολιτεία καὶ τότε ἦν καὶ νῦν, ἀριστοκρατία, ἐν ᾗ νῦν τε πολιτευόμεθα καὶ τὸν ἀεὶ χρόνον ἐξ ἐκείνου ὡς τὰ πολλά. Καλεῖ δὲ ὁ μὲν αὐτὴν (238d) δημοκρατίαν, ὁ δὲ ἄλλο, ᾧ ἂν χαίρῃ, ἔστι δὲ τῇ ἀληθείᾳ μετ' εὐδοξίας πλήθους ἀριστοκρατία. Βασιλῆς μὲν γὰρ ἀεὶ ἡμῖν εἰσιν· οὗτοι δὲ τοτὲ μὲν ἐκ γένους, τοτὲ δὲ αἱρετοί· ἐγκρατὲς δὲ τῆς πόλεως τὰ πολλὰ τὸ πλῆθος, τὰς δὲ ἀρχὰς δίδωσι καὶ κράτος τοῖς ἀεὶ δόξασιν ἀρίστοις εἶναι, καὶ οὔτε ἀσθενείᾳ οὔτε πενίᾳ οὔτ' ἀγνωσίᾳ πατέρων ἀπελήλαται οὐδεὶς οὐδὲ τοῖς ἐναντίοις τετίμηται, ὥσπερ ἐν ἄλλαις πόλεσιν, ἀλλὰ εἷς ὅρος, ὁ δόξας σοφὸς ἢ ἀγαθὸς εἶναι κρατεῖ καὶ ἄρχει. (238e) Αἰτία δὲ ἡμῖν τῆς πολιτείας ταύτης ἡ ἐξ ἴσου γένεσις. Αἱ μὲν γὰρ ἄλλαι πόλεις ἐκ παντοδαπῶν κατεσκευασμέναι ἀνθρώπων εἰσὶ καὶ ἀνωμάλων, ὥστε αὐτῶν ἀνώμαλοι καὶ αἱ πολιτεῖαι, τυραννίδες τε καὶ ὀλιγαρχίαι· οἰκοῦσιν οὖν ἔνιοι μὲν δούλους, οἱ δὲ δεσπότας ἀλλήλους νομίζοντες·

[239] ἡμεῖς δὲ καὶ οἱ ἡμέτεροι, (239a) μιᾶς μητρὸς πάντες ἀδελφοὶ φύντες, οὐκ ἀξιοῦμεν δοῦλοι οὐδὲ δεσπόται ἀλλήλων εἶναι, ἀλλ' ἡ ἰσογονία ἡμᾶς ἡ κατὰ φύσιν ἰσονομίαν ἀναγκάζει ζητεῖν κατὰ νόμον, καὶ μηδενὶ ἄλλῳ ὑπείκειν ἀλλήλοις ἢ ἀρετῆς δόξῃ καὶ φρονήσεως.

C'est la constitution politique qui éduque les hommes, bons si elle est belle, et dans le cas contraire, mauvais. bons ou mauvais, selon qu'il est lui-même mauvais ou bon. Il faut donc prouver que nos pères furent élevés dans belle constitution, grâce à laquelle et eux, et les hommes d'aujourd'hui sont bons, dont se trouvent faire partie ceux qui sont morts. c'était alors la même constitution qu'aujourd'hui, l'aristocratie, dans laquelle à présent nous sommes régis, ainsi que la plupart du temps depuis cette époque. L'un l'appelle la démocratie, l'autre autrement, comme cela lui plaît, mais en réalité une aristocratie, avec l'accord du peuple. Nous avons toujours des rois ; mais ceux-ci le sont tantôt de naissance, tantôt par élection. D'ordinaire la foule est maîtresse de la cité, et elle donne les charges publiques et le pouvoir à ceux qui à chaque fois ont eu la réputation d'être les meilleurs, et personne n'a été exclu, ni par la faiblesse physique, ni par l'indigence, ni par l'obscurité de ses ancêtres, ni même n'a été honoré pour les qualités contraires, comme dans les autres cités, mais il y a une seule règle : celui qui a la réputation d'être sage ou homme de bien exerce la domination et le pouvoir. Le fait que nous soyons nés de la même origine est pour nous la raison de ce régime. Les autres cités en effet ont été formées d'hommes de tous pays et de conditions inégales, de sorte que leurs régimes politiques aussi, tyrannies et oligarchies, sont inégaux ; ils vivent donc dans des rapports mutuels de servitude et de domination au profit d'un petit nombre.

Mais nous et les nôtres, qui sommes tous des frères nés d'une seule mère, nous ne croyons pas juste d'être les esclaves ou les maîtres les uns des autres, mais l'égalité naturelle de notre naissance nous contraint à chercher une égalité de droits selon la loi, et à n'obéir les uns aux autres en vertu d'aucun autre critère qu'une réputation de vertu et de sagesse.