ARISTOPHANE (445-385 ou 380)

SOMMAIRE

Introduction

Les Acharniens

Les Cavaliers

Les Nuées

Les Guêpes

La Paix

Les Oiseaux

Lysistrata

Les Thesmophories

Les Grenouilles

L'Assemblée des Femmes

Ploutos

Aristophane et les femmes

 


ORIGINES DE LA COMÉDIE

Le genre dramatique représente le langage du cinquième siècle av. J-C, et d'une cité : Athènes. On ne peut arracher  ni la tragédie, ni la comédie de leur contexte : l'Athénien du Vème siècle. La chronologie (cf. tableau) se situe entre 472 (Les Perses d'Eschyle) et 405 (Les Grenouilles d'Aristophane, sa dernière "ancienne comédie"), mais dès 486 on trouve la première trace de comédie grecque, avec Thespis, auteur et acteur... Durant ces quelque 70 ans, a lieu une floraison extraordinaire, qui s'achève en même temps que meurt la démocratie athénienne.

La comédie athénienne se divise en trois grandes catégories, correspondant à trois périodes distinctes :

 

L'ANCIENNE COMÉDIE

Une hypothèse assez cohérente veut que la comédie ait pour origine le κωμος, c'est à dire la grande procession qui avait lieu lors des Grandes Dionysies (on sait par ailleurs que le culte de Dionysos est à l'origine du théâtre) et qui fut introduite en 501. Les participants avaient souvent des masques d'animaux (guêpes, grenouilles), et offrait une alternance de chants rituels et d'épisodes dramatiques : combats, hiérogamie entre le Dieu et la femme de l'archonte, moments où la procession injurie rituellement le public... ce qui peut faire penser à l'alternance entre le chœur et les épisodes, et à la parabase.

On peut donc repérer une séquence de base :

·         une parodos (entrée des participants)

·         un "agôn" (bataille, ou débat verbal)

·         une parabase (séance d'injures ou de satire)

De son côté, le rituel péloponnésien, lié au culte de la fécondité, comprenait également :

·         Des danses obscènes, gestuelle destinée à attirer la fécondité

·         des choreutes portant des masques d'animaux, ou un phallos géant

Enfin, la farce mégarienne, dont Aristophane feint de se moquer tout en l'utilisant beaucoup, par exemple dans le prologue des Grenouilles ou les parabases des Nuées, comportait des sketches plus ou moins scatologiques joués par des bouffons, des personnages typés (l'entremetteuse, l'ivrognesse, le pédant...), et des gags rudimentaires (coups de bâton)

Pour finir, la comédie ancienne peut aussi, si l'on en croit Aristote (Poétique, 1448a-1449b) s'être inspirée de la poésie satirique d'Archiloque ou d'Epicharme, petits tableaux dramatiques joués dans les festins, et écrits en vers iambiques, comme une grande partie de la comédie.

Ce qu'il faut retenir :

·         l'ancienne comédie appartient aux institutions de la Cité, à la vie socio-politique. Les comédies sont jouées une fois, pour les Dionysies ou les Lénéennes. La cité entière assiste au spectacle, ainsi que les ambassadeurs d'autres cités. Il s'agit donc d'un acte politique.

·         Elle est le lieu du débat politique ; contrairement à la tragédie qui voile le débat par le recours aux mythes, la comédie reproduit les instances politiques : par exemple, les Acharniens reproduisent l'Ecclésia (assemblée générale du peuple) ; les Guêpes représentent un tribunal...

·         Le dialogue entre les acteurs et le public : dans le prologue, et surtout dans la Parabase : "maintenant, enlevons nos manteaux et commençons les anapestes" = redevenons citoyens. Le mot parabase vient du grec "parabainw" qui signifie "marcher devant"  : le chœur défile devant les premiers rangs. La parabase est le pivot de la comédie.

·         L'obscénité est évidemment à mettre en rapport avec l'origine religieuse de la comédie : les allusions à la sexualité ou à la scatologie appartiennent aux rites de fécondité. Il n'y a rien à voir avec une quelconque dépravation, mais au contraire il s'agit d'une communion heureuse avec la nature, sans aucune pudibonderie : un rire lyrique !

·         La mise en scène nous est inconnue : nous ne savons rien sur ce qui s'est joué avant les théâtres du IVème siècle. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il s'agissait de théâtres en bois, démontables. Mais le décor était-il peint ? Le mur de scène comportait-il une, deux ou trois portes ? De quoi les machines étaient-elles capables ? 

 

LA STRUCTURE DE LA COMÉDIE ANCIENNE :

STRUCTURE DE LA TRAGEDIE :

 

STRUCTURE DE LA VIEILLE COMEDIE :

Les thèmes sont d'actualité, avec parfois des personnages réels. Les acteurs sont des professionnels ; les frais assurés par des citoyens riches.

 

LA PARABASE (ou LES ANAPESTES): en trétramètres anapestiques.

Les comédies moyenne et nouvelle abandonnent à la fois la satire personnelle et les sujets politiques ; dès la moyenne comédie, on trouve des intrigues fondées sur les caractères et surtout les intrigues : enfants perdus, reconnaissances, mariages arrangés... De même, sur le plan formel, on assiste à une déconnexion progressive des chœurs par rapport à l'action principale ; parfois même le poète ne les écrit pas, se contentant de signaler la présence d'un intermède (cf. les comédies de Molière). Enfin et surtout, on observe la disparition de la partie la plus caractéristique de l'ancienne comédie : la parabase, c'est à dire le moment où le chœur abandonne la fiction et discute directement avec le public.

En réalité, RIEN ne vient remplacer l'ancienne comédie, qui demeure un phénomène unique.

 

Tableau des principaux dramaturges grecs 
(tragédie et ancienne comédie)

 

TRAGEDIE

COMEDIE

DATE

ESCHYLE

SOPHOCLE

EURIPIDE

ARISTOPHANE

526

Naissance

 

 

 

496

 

Naissance

 

 

484

 

 

Naissance

 

472

Les Perses

 

 

 

468

 

Triptolème (1ère victoire)

 

 

467

Les Sept contre Thèbes

 

 

 

458

Agamemnon, Les Choéphores, les Euménides

 

 

 

457

mort

 

 

 

455

 

 

Les Péliades (1ère pièce)

 

445

 

 

 

Naissance

442

 

Antigone

 

 

431

 

 

Médée

 

429 (?)

 

Œdipe-Roi

 

 

427

 

 

 

Le Banquet (1ère pièce)

426

 

 

 

Les Babyloniens

425

 

 

 

Les Acharniens

424

 

 

 

Les Cavaliers

423

 

 

 

Les Nuées

422

 

 

 

Les Guèpes

421

 

 

 

La Paix

418

 

 

Ion

 

415

 

 

Les Troyennes

 

414

 

 

 

Les Oiseaux

411

 

 

 

Lysistrata ; Les Thesmophories

409

 

Philoctète

 

 

406

 

mort

mort

 

405

 

 

Iphigénie à Aulis et Les Bacchantes (posthumes)

Les Grenouilles

401

 

Œdipe à Colonne (posthume)

 

 

399

Procès et mort de Socrate

392

 

 

 

L'Assemblée des Femmes

388

 

 

 

Ploutos

385 ou 380

 

 

 

mort


BIOGRAPHIE D'ARISTOPHANE

Aristophane (v. 450-v. 385 av. J.-C.), est né à Athènes. Il concourut pour la première fois en 427, sous un nom d'emprunt, ce qui lui valut quelques ennuis avec Cléon, homme politique influent. Sur le plan politique, Aristophane, très attaché à la tradition, représente les idées des aristocrates modérés ; il s'attaque aux partisans de la guerre, mais aussi aux juges corrompus, et aux démagogues. Il condamne sans appel, et sans nuances, les innovations pédagogiques prônées par les Sophistes... auxquels il assimile Socrate, pourtant leur adversaire ! En matière littéraire, il déteste particulièrement Euripide, et lui oppose Eschyle, représentant de la forme ancienne de la tragédie.

Des quarante-quatre pièces de théâtre écrites par Aristophane, onze seulement nous sont parvenues.

Bibliographie :